Clouer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Dérivé de clou.
1. Fixer avec des clous. Clouer le couvercle d'une caisse et, par méton., une caisse. Clouer une tenture contre une cloison. Clouer un tapis. Clouer des lattes, des ardoises sur un toit. . Clouer le pavillon, le fixer avec des clous contre le mât, pour signifier qu'on n'a pas l'intention de l'amener, donc de se rendre. Fig. et fam. Clouer la bouche, le bec à quelqu'un, le réduire au silence par un argument sans réplique.
2. Par anal. Immobiliser quelqu'un d'une manière quelconque, par intimidation ou violence. Il tint son adversaire cloué au sol. Par ext. Assujettir quelqu'un, le retenir en un lieu. La terreur le clouait sur place. Il demeure cloué dans son fauteuil. La maladie me cloue au lit, à la chambre. Son emploi le cloue à Paris. Il est toujours cloué à son bureau. Un cavalier cloué sur son cheval, qui reste fermement en selle, quels que soient les mouvements ou les défenses de sa monture. Spécialt. Clouer au pilori, attacher un condamné au pilori pour l'exposer au mépris public et, fig., signaler quelqu'un à l'indignation, à la vindicte publique.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Fixer avec des clous. "Clouer des pentures de portes, de fenêtres. Clouer des planches, des lattes, des ardoises. Clouer une caisse."
Fig. et fam., "Clouer la bouche," Réduire quelqu'un au silence.
Il signifie quelquefois par extension Fixer d'une manière quelconque un objet contre un autre, sur un autre. "Il le saisit à la gorge et d'un coup d'épée le cloua, le tint cloué contre la muraille."
Il signifie aussi figurément Assujettir quelqu'un, le fixer dans une résidence, un état, une position. "Son emploi le cloue à Paris. Une maladie cruelle me cloue dans mon lit. Cet homme ne s'en ira pas, il est cloué sur sa chaise. Il est cloué sur son ouvrage, sur ses livres. Il est toujours cloué à son bureau."
"Ce cavalier est cloué sur son cheval," Il s'y tient ferme, il ne quitte point la selle, quelque violents que soient les mouvements de son cheval.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Fixer avec des clous. Clouer des lattes, des planches.
    Par extension. Le trait perça son bouclier et le lui cloua sur la poitrine.
MASSON: « Il dit, et son épée, enfonçant la cuirasse, Le traverse et le cloue à cet infâme bois [un gibet qui était derrière] »
    Enfermer avec des clous.
J. J. ROUSS.: « À sa mort on le cloue dans une bière »
    En termes de mer, son pavillon, le fixer au mât du navire, de manière qu'il ne peut plus être amené : ce qui indique la détermination d'un équipage de ne pas se rendre.

 2   Fig. Fixer. Il saisit son adversaire et le cloua contre la muraille. Une maladie cruelle me cloue dans mon lit.
MOL.: « Sans de l'esprit à ses moindres propos »
VOIT.: « À moins que d'être cloué à Paris, rien n'eût pu m'empêcher d'aller aujourd'hui à Poissy »
VOLT.: « Nous sommes cloués par la destinée chacun chez nous »
A. DE MUSSET: « Regrettez la torpeur qui vous cloue à la terre »

 3   Se , v. réfl. S'arrêter, se fixer. Ses pieds se clouèrent sur le carreau.
SÉV.: « D'Hacqueville veut qu'il ne se cloue point à Saint-Michel [qu'il n'y reste pas toujours] »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Berte, XLIII: Ah ! sire Dieu, fait-ele, qui te laissas cloer....
     Liv. des mét. 211: Seles fustines [de bois] clouées seur les auves derriere de clous d'estain sanz nul clou doré
RUTEB.: « C'est cil qui nasqui sans pechié ; C'est cil qui soufri atachié Son cors en la crois et cloé »
J. DE MEUNG: « Trop pou fu de tiex hommes, ne de si bien doez, Puisque Dieu fu por nous en sainte croix cloez »
    XVIème siècle
MARG.: « M. d'Orleans est cloué sur son livre et dit qu'il veut être saige »
AMYOT: « Il sembloit que ce fust une seule masse de toute la multitude, et un seul corps cloué ensemble »

ÉTYMOLOGIE
    Clou ; wallon, clawer ; rouchi, claure ; espagn. clavar ; ital. chiovare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE CLOUER.

 2   Fig. Ajoutez :
SÉV.: « Je me porte très bien ; je ne sais que souhaiter de mieux, sinon de ce bienheureux état »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Attacher avec des clous. "Clouer des pentures de portes, de fenêtres. Clouer des ais, des planches. Clouer des lattes, des ardoises. Clouer une caisse."
Il signifie quelquefois, par extension, Fixer d'une manière quelconque un objet contre un autre, sur un autre. "Le trait perça son bouclier, et le lui cloua sur la poitrine. Il le saisit à la gorge, et le cloua, le tint cloué contre la muraille."
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Assujettir quelqu'un, le fixer dans une résidence, un état, une position. "Son emploi le cloue à Paris. Une maladie cruelle me cloue dans mon lit."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Attacher avec des clous. "Clouer des pentures de portes, de fenêtres. Clouer des ais. Clouer des lattes".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Attacher avec des clous. "Clouer des pentures de portes, de fenêtres. Clouer des ais. Clouer des lattes."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


CLOUTER, v. a. Il ne faut pas confondre ces deux verbes. Le 1er signifie "atacher avec des clous", et le 2d, "garnir de clous".
- "Clouer des" lates, "des" images contre une murâille; "clouer" une caisse.
- "Clouter un" étui, "une" boite de montre, etc.
   CLOUER s'emploie au figuré, ordinairement au mode passif. Il ne bouge de ce lieu, il y "est cloué;" il "est cloué à" son bureau, il est fort assidu à son travail. 'Tous les jours, malgré moi, je "suis cloué sur" mon ouvrage, "Boil." 'À~ moins que d'"être cloué à" Paris, rien ne peut m'empêcher d'aller à Poissi. "Voit."




Emplacement dans le dictionnaire :

clostre
clôtûre
clôture
cloturer
clôturer
clou
clouage
cloué
clouement

clouté
clouter
clouterie
cloutier
cloutière ou clouvière
clovisse
clown
clownerie
cloüé
cloüer
cloyère




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Albert SAMAIN (Le Chariot d'or)

...brûlent-rouges au loin-dans le soir saisissant. L'or-soleil s'est couché dans un marais de sang ; et l'âme, sous son fard, suant des peurs verdâtres écoute au fond du ciel que contemplent les pâtres clouer dans l'ombre un grand cercueil retentissant. Tous les puits sont taris où buvait la souffrance. La terre, fatiguée, est lasse d'espérance et ne veut plus prier, tous ses dieux étant sourds. La croix...


Citation n°2 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...là venait la grande cohésion de la batterie entière, une solidité et une tranquillité de bon ménage. Parmi le 106e, des acclamations avaient accueilli la première salve. Enfin, on allait donc leur clouer le bec, aux canons prussiens ! Tout de suite, il y eut pourtant une déception, lorsqu'on se fut aperçu que les obus restaient en chemin, éclataient pour la plupart en l'air, avant d'avoir atteint...


Citation n°3 de Pétrus BOREL (Rhapsodies)

...coups ta lame vibre encor ! Aujourd'hui, ta vengeance est nourrie ; une proie a roulé devant toi sur la place... est-ce pas ? C'est bonheur de frapper un tyran ? Et, de joie crier entre ses os, d'y clouer le trépas ! Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle, dors ! Bercé dans ma main, patriote trésor ! Tu dois être bien las ? Sur toi le sang ruisselle, et du choc de cent coups ta lame...


Citation n°4 de Pétrus BOREL (Rhapsodies)

...dans ta douleur profonde descendre tout entier par ses noirs soupiraux ; laisse immiscer ma rage à ta plainte qui gronde ; laisse pilorier tes iniques bourreaux ; laisse-moi sur leur front clouer l'ignominie, les traîner sur la claie au banc du carrefour, tribunal plébéien, d'où la fourbe est bannie, où l'on jette pourvoi des arrêtés de cour ! Car il est temps enfin qu'au soleil on flétrisse...


Citation n°5 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)

...s'offrit de haut en bas à ses meurtriers, qui, pour savourer leur vengeance, le piquaient avec amour et délicatesse, de ci, de là, partout, à travers les chairs, et parlaient à chaque instant de le clouer vif, ainsi qu'on fait une chouette, aux battants de la porte-cochère, qui, parole d'honneur ! Il était temps, oui... grinça sur ses gonds ! Et le martyr, sur le point de danser sa dernière gavotte,...


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